La protection de l'Océan progresse à l'échelle mondiale. Les Aires Marines Protégées couvrant désormais 10,01 % de l'Océan, mais des actions urgentes restent nécessaires pour atteindre les objectifs mondiaux. Des avancées majeures telles que l'entrée en vigueur du Traité sur la Haute Mer des Nations Unies, l'interdiction par l'Organisation mondiale du commerce des subventions néfastes à la pêche, et l'adoption d'une protection renforcée pour les requins et les raies, insufflent une dynamique significative vers un Océan plus sain et plus durable.
Les aires marines protégées couvrent 10,01% % de l’océan mondial, dont 3,2 % bénéficient d’une protection intégrale ou stricte.
La protection de l’Océan à l’échelle mondiale a franchi le seuil de 10 %, mais reste encore loin de l’objectif du Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal visant à conserver 30 % des zones marines et côtières d’ici 2030. La couverture des aires marines protégées (AMP) est ainsi passée de 8,3 % en 2024 à 10 % de l’Océan mondial à la mi-2026. L’Océan peut être divisé entre zones sous juridiction nationale et zones internationales situées au-delà de celles-ci. Au total, 22,54 % des eaux nationales et 1,45 % des eaux internationales sont désignées comme AMP. Les AMP activement gérées, avec des preuves de suivi et d’application, présentent des résultats écologiques plus positifs que celles qui ne sont que désignées. Malgré ces progrès récents, l’étendue des zones effectivement protégées reste limitée à l’échelle mondiale, et leur efficacité dépend de la mise en œuvre, du suivi et de conditions favorables plus larges, notamment les dispositifs de gouvernance et les mécanismes d’incitation. Seul3,2 % de l’Océan bénéficient d’un niveau de protection intégrale ou élevée.
Les principaux systèmes d’observation in situ de l’océan sont en déclin, réduisant la capacité de protection de l’océan.
Une protection efficace repose sur des mesures continues afin d’anticiper les risques et d’y répondre de manière adéquate. Le nombre d’observations in situ de l’état physique et chimique de l’Océan est estimé à 120 000 par jour en 2025. Ce volume est principalement porté par des réseaux autonomes tels que les bouées dérivantes, assurant des observations à haute fréquence. Le nombre de flotteurs profileurs Argo a atteint 4 166 en décembre 2025. Certains réseaux majeurs, comme les bouées fixes et les observations à bord des navires, sont en recul depuis la pandémie COVID19. Cette diminution s’explique en partie par des contraintes budgétaires mondiales, une réduction du temps en mer et à une diminution du nombre de personnel expérimenté, reflétant des contraintes plus larges pesant sur les capacités de la science océanique. Dans leur ensemble, ces facteurs menacent la recherche océanique internationale ainsi que la coopération diplomatique. Les systèmes d’observation de l’Océan constituent une infrastructure essentielle pour la résilience climatique, la réduction des risques de catastrophes, la santé de l’Océan, le développement durable et la stabilité économique. Ils alimentent les systèmes opérationnels permettant de surveiller et de prévoir l’évolution des conditions océaniques.
Deux traités internationaux sur l’océan sont entrés en vigueur.
La gouvernance mondiale de la haute mer a progressé avec l’entrée en vigueur, le 17 janvier 2026, de l’Accord sur la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale (BBNJ). Ce traité établit un cadre juridique commun pour protéger et encadrer les 61 % de l’Océan situés hors des juridictions nationales. Il pose les bases de la création d’aires marines protégées en haute mer, de la réalisation d’évaluations d’impact environnemental, de règles plus équitables pour le partage des bénéfices issus des ressources génétiques marines, ainsi que de la reconnaissance du rôle des communautés autochtones et locales, en favorisant l’équité par le renforcement des capacités et le transfert de technologies. Un autre traité visant à interdire les subventions nuisibles à la pêche est entré en vigueur en septembre 2025. Il interdit le soutien public aux activités de pêche illégales, un facteur majeur de l’épuisement généralisé des stocks de poissons et de la traite des êtres humains. Il engage les membres de l’Organisation mondiale du commerce à réduire les milliards de dollars de dépenses annuelles consacrées aux subventions les plus dommageables. Les subventions qui réduisent le coût de la pêche peuvent en effet encourager la surpêche et la pêche illégale lorsque les dispositifs de surveillance sont insuffisants. On estime que 65 % des soutiens publics à la pêche présentent ce risque.
Des protections internationales renforcées pour les requins et les raies ont été adoptées.
Une décision relative à la protection du commerce international de plusieurs espèces marines a été adoptée par les Parties à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) en décembre 2025. Les requins à pointe blanche, les requins-baleines, ainsi que les raies manta et mobula ont été inscrits aux niveaux de protection les plus élevés, constituant une avancée significative dans la lutte contre la surexploitation de ces espèces marines vulnérables. Les poissons-guitares géants et les poissons-scies ont été soumis à des quotas d’exportation nuls, mettant fin de fait à tout commerce international légal de ces espèces capturées à l’état sauvage. Les requins gulper, les requins taupe et les requins hâ ont quant à eux été inscrits pour la première fois dans les dispositifs de contrôle du commerce de la CITES. Les interdictions commerciales ne suffisent pas à enrayer la surexploitation et le commerce illégal, mais elles contribuent à combler d’importantes lacunes dans les filières mondiales des ailerons, de la viande et du cartilage, qui sont à l’origine de l’effondrement des populations. À ce jour, le commerce international de plus de 1 500 espèces marines est fortement restreint ou interdit dans le cadre de la CITES (notamment les coraux, les bénitiers géants et les hippocampes).