IMPACTS SOCIÉTAUX en 2026

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Les évolutions de l'état de l'Océan et les pressions humaines ont des conséquences sociétales significatives. Les tempêtes tropicales et les inondations entraînent des coûts économiques majeurs, et chaque tonne supplémentaire de CO2 émise dans l'atmosphère alourdit la facture croissante pour la société. Au-delà de ces impacts, les coûts de l'assurance maritime augmentent, tandis que l'océan demeure à la fois une voie importante et dangereuse pour la mobilité humaine.

Des pertes économiques élevées liées aux tempêtes tropicales et aux inondations en 2024.

Les pertes économiques liées aux tempêtes tropicales et aux inondations peuvent varier fortement d’une année à l’autre. Les tempêtes tropicales tirent leur énergie des eaux océaniques chaudes, faisant de ce dernier un facteur clé de leur intensité et de leur fréquence. Sur le long terme, les pertes économiques associées ont augmenté décennie après décennie depuis le début des années 1980, avec une accélération au cours des vingt dernières années. En 2024, les coûts des dommages liés aux tempêtes tropicales et aux inondations ont presque doublé par rapport à 2023, atteignant 212 milliards de dollars américains, dont seulement 34 % étaient assurés. Ce niveau élevé s’explique principalement par deux ouragans particulièrement puissants. D’autres conséquences à long terme s’ajoutent aux dommages économiques directs, comme les 79 000 enfants privés d’accès à l’éducation entre 2000 et 2020 en raison de ces événements. L'évaluation monétaire des pertes peut contribuer à orienter les décisions visant à réduire l’exposition aux risques. Toutefois, ces impacts s’inscrivent dans des systèmes socio-économiques plus larges, marqués par un sous-investissement persistant, et où les pertes liées aux événements extrêmes peuvent renforcer les vulnérabilités, les inégalités et l’instabilité.

L’instabilité géopolitique a porté les coûts de l’assurance maritime à 39,9 milliards de dollars américains.

Le marché mondial des primes d’assurance maritime a atteint 39,9 milliards de dollars en 2024, soit une hausse de 1,5 % par rapport à 2023 et de 21 % depuis 2021. La plus grande part du risque est supportée par les cargaisons maritimes (57 %), suivies des corps de navires (24 %), de l’énergie offshore (12 %) et de la responsabilité maritime (7 %). Si l’expansion des échanges commerciaux a contribué à cette augmentation, l’instabilité géopolitique et les conflits internationaux sont devenus des facteurs majeurs supplémentaires, générant de l’incertitude dans le commerce mondial et s’imposant comme des déterminants clés du risque. 

La moitié du coût social du changement climatique est supportée par l’économie océanique. 

Le coût social du carbone estime les dommages économiques causés par l’émission d’une tonne supplémentaire de CO₂ dans l’atmosphère. Pour l’Océan, les pertes liées au changement climatique - affectant les pêches et la mariculture, les récifs coralliens, les mangroves et les ports - ont été estimées à 48 dollars par tonne de CO₂ en 2020, soit un niveau équivalent à l’ensemble des autres coûts sociaux du carbone (santé, agriculture, infrastructures). Ceci s’explique principalement par le déclin des pêcheries et de la dégradation des services de protection côtière et de la biodiversité et souligne l’importance d’intégrer les impacts océaniques dans la tarification du carbone et les politiques climatiques afin de refléter l’ensemble des dommages sociétaux. Malgré leur importance pour l’orientation des politiques publiques, seulement 28 % des émissions mondiales sont actuellement couvertes par un mécanisme de tarification du carbone.

8 260 migrants ont perdu la vie en mer.

En 2025, le nombre de migrants morts ou disparus en mer reste élevé (8 260 décès), soulignant que l’Océan demeure une voie de mobilité humaine importante mais dangereuse. Les facteurs de migrations sont complexes et multiples : insécurité économique et politique, accaparement des ressources, et conditions climatiques sévères telles que les événements météorologiques extrêmes, l’élévation du niveau de la mer, la désertification et la raréfaction de l’eau.