ÉTAT DE L’OCÉAN EN 2026

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La deuxième édition du Baromètre Starfish réaffirme que l'Océan subit des changements rapides, alarmants, et de plus en plus marqués, caractérisés par des records de chaleur, une élévation du niveau de la mer, un déclin généralisé des espèces et d’écosystèmes essentiels tels que les récifs coralliens. Ces constats renforcent l'urgence de protéger et de restaurer la santé de notre Océan.

L’élévation moyenne globale du niveau de la mer et le réchauffement de l’Océan s’accélèrent

L’élévation du niveau moyen des mers résulte du réchauffement de l’Océan ainsi que de la fonte des glaces continentales. Le taux d’élévation du niveau moyen global de la mer est passé de 2,6 ± 0,3 mm/an sur la période 1993–2011 à 4,2 ± 0,3 mm/an sur la période 2012–2025, ce qui est cohérent avec une accélération observée au cours des trois dernières décennies. Le réchauffement moyen global de l’Océan est en augmentation depuis les années 1960 et a atteint des niveaux records en 2025. Au-delà de cette tendance de long terme, les dernières années ont été marquées par une succession de valeurs particulièrement élevées. En 2025, la température moyenne globale de surface de l'océan a atteint son troisième niveau le plus élevé jamais enregistré, avec une anomalie de +0,49 °C par rapport à la période de référence 1981–2010, légèrement inférieure aux pics observés en 2023 et 2024. En juin 2025, 20 % de l’Océan mondial a été affecté par des conditions de vagues de chaleur marines intenses. Le réchauffement constitue un facteur de stress majeur pour les écosystèmes marins, qui s’ajoute à d’autres pressions liées au changement climatique, telles que les variations de salinité, la désoxygénation et l’acidification. Environ 25 % des 1 000 premiers mètres de l’Océan sont désormais soumis simultanément à plus de deux de ces facteurs de stress.

L’étendue globale de la banquise a atteint son deuxième maximum annuel le plus faible depuis 1982, avec 32,1 millions de km²

La banquise est constituée d’eau de mer gelée qui se forme en automne et en hiver dans les régions océaniques polaires, puis fond progressivement au printemps et en été. Elle joue un rôle essentiel dans la régulation du climat terrestre et le maintien des écosystèmes polaires. Dans un contexte de changement climatique, l’étendue maximale de la banquise en hiver diminue rapidement dans l’Arctique et ce phénomène est également observé en Antarctique depuis 2015. En 2025, l’étendue maximale annuelle a atteint 14,3 millions de km² en mars dans l’Arctique et 17,8 millions de km² en septembre dans l’Antarctique, soit un total (asynchrone) de 32,1 millions de km². L’étendue minimale annuelle a été de 4,6 millions de km² en septembre 2025 dans l’Arctique et de 2 millions de km² en mars 2025 dans l’Antarctique. Il s’agit de la quatrième année consécutive durant laquelle la banquise antarctique descend en dessous de 2 millions de km². Le recul de la banquise accroît l’accessibilité des routes maritimes transarctiques.

1 685 espèces marines sont désormais menacées, avec une dégradation de leur état de conservation

Selon la mise à jour la plus récente (avril 2026), 1 685 espèces marines - soit 8,6 % des 19 508 espèces évaluées par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), sont classées comme menacées d’extinction sur leur Liste rouge. Cet indicateur fournit un signal global de l’état de la biodiversité marine évaluée, tout en reflétant les progrès réalisés au fil du temps dans l’évaluation des espèces. Par rapport à l’édition 2025 du Baromètre Starfish, huit espèces marines supplémentaires sont désormais considérées comme menacées. Parmi ces dernières, 293 sont “en danger critique d’extinction”, 660 “en danger” et 732 “vulnérables”. Cela correspond à une dégradation du statut de conservation pour 30 espèces depuis l’an dernier. Les tendances des populations confirment ce constat : 1 224 espèces menacées sont en déclin, soit 13 de plus qu’en 2024, tandis que seulement 28 présentent une tendance à la hausse. Au-delà du risque d’extinction, la Liste rouge de l’UICN recense également 1 631 menaces pesant sur les écosystèmes, notamment les espèces invasives, les maladies et les perturbations génétiques, ce qui fragilise davantage leur stabilité et leur résilience.

84,4 % des récifs coralliens on subi un stress thermique suffisamment sévère pour provoquer leur blanchissement

Les récifs coralliens d’eaux chaudes figurent parmi les écosystèmes les plus diversifiés et les plus précieux de la planète. Ils couvrent près de 0,2 % des fonds marins mondiaux, abritent au moins 25 % des espèces marines et contribuent à la protection des côtes, à la sécurité alimentaire, aux moyens de subsistance, aux valeurs culturelles et au bien-être de centaines de millions de personnes dans le monde. Le changement climatique constitue désormais une menace existentielle pour les récifs coralliens : la répétition des épisodes de stress thermique entraîne un blanchissement généralisé, une mortalité et une perte durable de leurs fonctions écosystémiques. Entre janvier 2023 et septembre 2025, 84,4 % des récifs coralliens mondiaux ont été exposés à des niveaux de stress thermique provoquant le blanchissement, dépassant le précédent record mondial de 68,2 % enregistré entre 2014 et 2017, et largement au-delà des épisodes de blanchissement massif de 1998 et 2010. La dégradation des récifs coralliens est également influencée par d’autres pressions telles que l’eutrophisation, l’acidification et la surpêche, qui peuvent agir en synergie avec le changement climatique. Plus largement, tous les écosystèmes côtiers étudiés sont en déclin depuis 1970 : récifs coralliens (-26,4 %), mangroves (-11,8 %), marais salants (-14 %), forêts de kelps (-48,1 %) et herbiers marins (-16,3 %).