Opportunités pour l'Humanité 2026

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L'Océan continue d'offrir des opportunités essentielles pour l'Humanité. Il joue un rôle clé dans l'atténuation du changement climatique et demeure une source vitale de nutrition à l’échelle mondiale. Il représente également un potentiel économique considérable et un terrain d'innovation important.

L’alimentation mondiale issue de la pêche repose de plus en plus sur des pratiques d’économie circulaire. 

En 2023, la production mondiale d’animaux marins, incluant la pêche et l’aquaculture, s’est stabilisée à 115 millions de tonnes, un niveau comparable à celui de l’année précédente. En outre, la production mondiale d’algues a atteint 39 millions de tonnes. Ainsi, la production marine mondiale totale (animale et végétale) s’élève à 154 millions de tonnes. L’aquaculture représente 48 % de cette production. La production d’animaux marins constitue une source importante de nutrition pour les populations à l’échelle mondiale, avec environ 89 % de la production destinée à la consommation humaine directe en 2022. Au-delà de la consommation humaine directe, une part importante des captures est transformée en farine et en huile de poisson, utilisées principalement pour l’alimentation animale, notamment en aquaculture, dont la demande est en forte croissance. Dans ce contexte, les coproduits issus des pêches marines — tels que les restes de transformation du poisson — représentent une part croissante de ces volumes : en 2022, ils ont fourni 34 % de la production mondiale de farine de poisson et 53 % de celle d’huile de poisson. Cette évolution offre une opportunité de renforcer les pratiques d’économie circulaire en valorisant des ressources qui étaient auparavant peu exploitées.

Plus de 2 000 startups contribuent à l’innovation dans l'économie océanique. 

L’Océan est de plus en plus reconnu comme un moteur d’innovation, notamment dans les systèmes alimentaires et énergétiques, l’atténuation et l’adaptation au changement climatique, la santé humaine et la résilience côtière. Au cours de la dernière décennie, plus de 2 000 startups ont émergé dans le monde dans les différents secteurs de l’économie océanique, et leur nombre continue de croître. Leur rôle dans l’accélération de la transformation numérique et l’adoption d’énergies plus propres peut contribuer à faire évoluer les industries maritimes vers des modèles moins dommageables, tout en répondant à la stagnation, voire au déclin, de la productivité de l’économie océanique. Toutefois, l’environnement dans lequel ces entreprises opèrent reste insuffisamment aligné avec les objectifs de durabilité et continuent d’entretenir des risques systémiques. Relever ces défis nécessite une collaboration renforcée et des actions coordonnées, ainsi que la mise en place de normes et cadres réglementaires fondés sur la science. 

L’investissement à impact dédié à l’océan est en expansion.  

En 2018, seuls quatre fonds d’investissement consacrés à la santé et à la durabilité de l’Océan existaient à l’échelle mondiale. En 2025, plus de 40 fonds de capital-risque et d’impact sont actifs ou en cours de levée de fonds dans les différents secteurs de l’économie océanique. Ces investissements couvrent un large éventail d’activités, notamment les produits de la mer durables, la production d’algues, la réduction de la pollution marine, la résilience côtière et les données océaniques. Les engagements financiers en faveur de l’océan ont augmenté en conséquence. L’aide publique au développement dédiée à l’économie océanique a atteint 3,5 milliards de dollars en 2022, soit une augmentation de 45 % par rapport à 2021. Parmi ces montants, 2,4 milliards (69 %) ont soutenu des initiatives favorisant des activités océaniques durables et la protection des écosystèmes marins. Par ailleurs, les parties prenantes ont annoncé 8,7 milliards d’euros d’engagements financiers fermes d’ici 2030, dont 4,7 milliards provenant de fondations et d’investisseurs privés et 4 milliards d’institutions financières publiques. Ces montants restent toutefois inférieurs aux besoins estimés pour atteindre l’Objectif de développement durable 14, évalués à environ 175 milliards de dollars par an d’ici 2030, révélant un écart important entre les engagements actuels et l’ampleur des transformations nécessaires. 

L’océan joue un rôle majeur dans l’atténuation du changement climatique.

L’Océan possède une capacité naturelle à absorber et stocker la chaleur et le carbone hors de l’atmosphère, jouant ainsi un rôle crucial dans l’atténuation du changement climatique. Au cours de la dernière décennie, il a absorbé en moyenne environ 12 milliards de tonnes de CO₂ par an, soit environ 29 % des émissions anthropiques, ce qui contribue toutefois à son acidification. Ce puits de carbone est resté stable depuis 2016, en grande partie sous l’effet de la variabilité climatique. En 2023 et 2024, sa capacité d’absorption a en outre été affectée par les conditions El Niño et une vague de chaleur marine quasi mondiale. Les émissions de gaz à effet de serre ont provoqué un déséquilibre énergétique de la Terre, conduisant à une accumulation de chaleur dans le système climatique, qui a atteint des niveaux records au cours des deux dernières décennies. L’Océan absorbe environ 90 % de cet excès de chaleur, entraînant son réchauffement tandis que les 10 % restants réchauffent les continents et l’atmosphère et contribuent à la fonte des glaces.