Pressions humaines en 2025

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Cette édition du Baromètre Starfish montre que les pressions humaines restent structurellement inchangées.  Les progrès limités de la décarbonisation, les menaces émergentes sur les écosystèmes vulnérables des grands fonds marins et la pollution plastique continuent de fragiliser la santé de l'Océan, tandis que les limites dans les systèmes de gouvernance et de surveillance entravent encore la mise en place de réponses efficaces à ces pressions croissantes.

Les émissions du transport maritime mondial restent stables, traduisant des progrès limités en matière de décarbonation.

Les émissions de CO₂ issues des combustibles fossiles constituent le principal facteur du changement climatique récent. Les émissions mondiales de dioxyde de carbone (CO₂) d’origine fossile ont augmenté de 1,1 % entre 2024 et 2025, atteignant un niveau record de 38,1 milliards de tonnes de CO₂ en 2025. Les émissions du transport maritime international se sont élevées à 0,6 milliard de tonnes de CO₂ en 2025, soit un niveau similaire à celui de 2024. Un cadre « Net Zéro », proposant une redevance de 100 dollars par tonne de CO₂, pour les navires dépassant certains seuils d’émission, a été élaboré par l’Organisation maritime internationale, mais son adoption a été suspendue en 2025 et reportée à 2026.

67 % des navires de pêche industrielle opérant dans de vastes aires marines protégées côtières ne sont pas suivis.

Entre 2022 et 2024, on estime que 67 % des navires de pêche industrielle opérant dans des aires marines protégées (AMP) côtières de plus de 1 km² n’étaient pas suivis publiquement, mettant en évidence des pratiques de pêche non durables largement répandues ainsi que d’importantes lacunes en matière de transparence et de gouvernance. Ces AMP représentent 17,4 % de la protection marine mondiale, mais la pression de la pêche industrielle y reste largement non documentée. En revanche, l’activité de pêche industrielle est quasi nulle dans les AMP entièrement ou fortement protégées, lesquelles ne couvrent actuellement qu’environ 2,2 % de l’Océan mondial, ce qui souligne l’efficacité des mesures de protection strictes lorsqu’elles sont correctement mises en œuvre et appliquées. Le changement climatique accentue par ailleurs ces défis de gouvernance, en modifiant la répartition des stocks de poissons et l’effort de pêche. L’extension des aires marines protégées, conformément à l’objectif du Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal visant à conserver 30 % des zones marines et côtières d’ici 2030, associée à des dispositifs de suivi, de contrôle et une gouvernance adaptée au climat, est essentielle pour réduire la pêche non durable en tant que pression directe sur les écosystèmes océaniques. La proportion de stocks surexploités a par ailleurs augmenté à un rythme d’environ 1 % par an au cours des deux dernières décennies. 

31 contrats d’exploration des ressources minérales des grands fonds marins sont actuellement en vigueur.

Les grands fonds marins constituent le plus vaste et le moins compris des biomes de la planète ; ils abritent une remarquable diversité d'organismes adaptés à des conditions extrêmes et jouent un rôle important pour la biodiversité mondiale et le fonctionnement des écosystèmes, notamment en soutenant les pêcheries et la régulation du climat. Au total, 31 contrats d’une durée de quinze ans chacun sont en cours dans des zones situées au-delà des juridictions nationales, délivrés par l’Autorité internationale des fonds marins. 19 contrats portent sur les nodules polymétalliques, 7 sur les sulfures polymétalliques et 5 sur les encroûtements de ferromanganèse riches en cobalt. Les activités d’exploration comprennent des études géologiques, des évaluations des ressources minérales, des mesures bathymétriques ainsi que des campagnes d’observation et d’échantillonnage environnemental. Elles peuvent également inclure le développement et les tests de technologies d’extraction et de procédés de traitement des minerais. En cas de passage à une exploitation industrielle sans garanties environnementales efficaces, les activités minières dans les grands fonds pourraient avoir des impacts sévères et durables sur les écosystèmes profonds, en raison de leurs faibles capacités de récupération. En 2026, huit nouveaux pays se sont opposés à l’exploitation minière des grands fonds, portant le total mondial à 40 pays.

Les déchets plastiques ont atteint un niveau record de 130 Mt, dont jusqu’à 10 % pourraient rejoindre l’océan.

La production mondiale de plastique continue d’augmenter, et la quantité annuelle de déchets plastiques annuels rejetés dans l’environnement a atteint 130 millions de tonnes par an en 2025. En raison de l’absence de dispositif mondial de suivi, la part de ces déchets atteignant l’Océan reste très incertaine, probablement comprise entre 1 et 14 millions de tonnes par an. Les principales sources de déchets marins sont terrestres, et les plastiques représentent 85 % du total des déchets marins. Le fond océanique constitue le principal réservoir des déchets plastiques de grande taille, avec environ 11 millions de tonnes accumulées à l’échelle mondiale, dont la récupération n’est ni techniquement ni financièrement réalisable. Plus de 2 800 espèces subissent les effets de la pollution plastique par enchevêtrement, ingestion, contamination chimique et autres mécanismes. Si la négociation d’un traité international sur les plastiques a échoué en 2025, un Partenariat mondial pour l’action sur les plastiques poursuit néanmoins le développement de solutions systémiques et une économie circulaire pour endiguer cette pollution.