Les pressions croissantes liées aux émissions de gaz à effet de serre et à la surexploitation dégradent la santé de l’Océan. La pollution et la perte d’habitats — en particulier dans les zones côtières — aggravent ces menaces, tandis que des manques dans les systèmes d’observation à l’échelle mondiale limitent encore l’efficacité des réponses.
Les émissions de CO₂ fossile continuent d’augmenter, avec une hausse de 2,7 % dans le transport maritime.
Les émissions mondiales de dioxyde de carbone (CO₂) d’origine fossile projetées pour 2024 sont de 37,4 milliards de tonnes, soit une hausse de 0,8 % par rapport à 2023. Les émissions issues du transport maritime international (représentant 1,6 % des émissions mondiales totales) sont également en augmentation, avec une projection de 0,6 milliard de tonnes de CO₂ en 2024, en hausse de 2,7 % par rapport à 2023. Ces chiffres reposent sur les données de vente de carburant pour le transport maritime international déclarées par les pays. Les émissions de CO₂ fossile sont la principale cause du changement climatique actuel. Environ un tiers de ces émissions est absorbé par l’Océan, contribuant à son acidification.
La pêche non durable atteint 37,7% et 75% des grands navires opèrent sans surveillance.
La proportion de stocks marins exploités à un niveau non durable (c’est-à-dire au-delà du rendement maximal durable) est passée de 10 % en 1974 à 37,7 % en 2021. Ce chiffre ne reflète qu’une partie du défi en matière de durabilité, car il ne tient pas compte des impacts écologiques et sociaux plus larges de la pêche, ni de la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN). En 2022, les activités de pêche maritime impliquaient environ 4,9 millions de navires de pêche motorisés et non motorisés enregistrés. On estime que 75 % des grands navires de pêche (>15 m) opèrent sans système de suivi adéquat, ce qui compromet les efforts croissants pour lutter contre la pêche INN et réguler les aires marines protégées (AMP).
Les pressions humaines et climatiques croissantes menacent les habitats marins à l’échelle mondiale.
Une combinaison de pressions en augmentation — notamment des pratiques de pêche non durables, la pollution, le réchauffement climatique, l’acidification et la désoxygénation — pousse les écosystèmes et les espèces marines au-delà de leurs seuils de tolérance. Le changement climatique entraine une perte d’habitats viables pour les espèces marines à l’échelle planétaire, avec une diminution importante de la diversité des espèces dans les régions tropicales. Les écosystèmes côtiers présentent eux aussi des signes croissants de dégradation. Depuis 1950, l’hypoxie côtière a été multipliée par dix, réduisant l’étendue et la qualité des habitats littoraux, essentiels à la biodiversité marine. Le changement climatique et l’eutrophisation liée à la pollution ont entraîné une augmentation des signalements de proliférations de macro-algues (marées vertes) dans les zones côtières du monde entier au cours des vingt dernières années, bien que des estimations mondiales exhaustives fassent encore défaut. La moitié des écosystèmes de mangroves sont menacés d’effondrement, et plus de la moitié des herbiers marins inscrits au patrimoine mondial présentent une vulnérabilité élevée face au changement climatique. Par ailleurs, 33 % des littoraux sableux dans le monde sont désormais artificialisés par des infrastructures humaines. La multiplicité des usages du littoral — infrastructures côtières, tourisme, aquaculture, installations offshore — accentue la pression sur les habitats marins, à travers la pollution, la destruction des habitats, et l’augmentation des risques liés aux pathogènes, aux parasites et aux espèces invasives. Cette pression s’intensifie avec la croissance des populations côtières : en 2018, environ 2,2 milliards de personnes, soit 30 % de la population mondiale, vivaient à moins de 50 km des côtes.
La pollution plastique augmente, mais il n’existe toujours pas de système mondial de suivi et d’évaluation.
La production mondiale de plastique est passée de 2 millions de tonnes en 1950 à 413,8 millions de tonnes en 2023, dont seulement 8,7 % sont d’origine recyclée. Les déchets plastiques représentent plus de 80 % des déchets aquatiques identifiés. En 2021, l’accumulation de plastique dans les rivières et dans l’Océan était estimée entre 75 et 199 millions de tonnes. La pollution plastique marine est documentée depuis les années 1970, mais l’absence de système de surveillance mondial unifié continue de freiner les efforts d’évaluation et de réponse à cette menace.