Opportunités pour l'Humanité

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L’économie bleue connaît une croissance importante, portée par des secteurs dynamiques tels que l’aquaculture marine, l‘éolien en mer et le tourisme. Toutefois, cette expansion s’accompagne de nouveaux défis environnementaux, car les industries à forte demande continuent d’exercer une pression croissante sur les écosystèmes marins. La pêche artisanale demeure essentielle à la sécurité alimentaire mondiale et aux moyens de subsistance côtiers, mais elle est de plus en plus vulnérable au changement climatique et à la concurrence d’autres activités marines.

La production mondiale d’aliments marins d’origine animale a atteint un record de 115 millions de tonnes,

répondant à une demande mondiale croissante, mais au prix d’impacts environnementaux notoires. L’aquaculture marine a presque quadruplé depuis les années 1990, atteignant 35,3 millions de tonnes en 2022, représentant désormais 31 % de la production totale d’aliments marins d’origine animale. En comparaison, la pêche de capture marine est restée relativement stable depuis les années 1990, atteignant 79,7 millions de tonnes en 2022. Bien qu’une production aquacole durable soit possible, le secteur reste très hétérogène, certains systèmes de production ayant des impacts environnementaux significatifs. Globalement, la consommation apparente mondiale d’aliments aquatiques d’origine animale a augmenté en moyenne de 3 % par an entre 1961 et 2021 — un rythme plus rapide que la croissance démographique mondiale (1,6 %/an) et que celle de la consommation de viandes terrestres. Sur la même période, la valeur commerciale internationale des produits aquatiques a progressé en moyenne de 4 % par an, soulignant leur importance croissante en tant que denrées alimentaires parmi les plus échangées au monde. Ces tendances mettent en évidence la nécessité de renforcer la durabilité de la production alimentaire aquatique, afin de limiter ses impacts environnementaux tout en tirant parti des opportunités économiques émergentes.

Les ventes de produits pharmaceutiques issus de la mer ont augmenté de 7,5 %, malgré des inégalités persistantes.

En 2024, une base de données mondiale sans précédent a été publiée, répertoriant 308,6 millions de clusters de gènes d’origine marine — la plus vaste collection du genre à ce jour — illustrant l’accélération de la bioprospection pour de nouvelles ressources génétiques marines. Le potentiel futur est immense, puisque 70 à 90 % des espèces marines restent encore non décrites. Le marché mondial des produits pharmaceutiques d’origine marine était estimé à 4,1 milliards USD en 2023, tandis que celui des oligosaccharides marins — incluant les médicaments, mais aussi les cosmétiques et autres usages — atteignait 3,56 milliards USD en 2024. Ces deux marchés connaissent une croissance rapide, avec une hausse de 7,5 % des ventes pharmaceutiques entre 2018 et 2022. Toutefois, l’accès aux ressources génétiques marines reste profondément inéquitable, près de la moitié des brevets étant détenus par une seule entreprise. Par ailleurs, la récolte de quantités suffisantes de composés sans nuire à l’environnement marin constitue un enjeu majeur. 

L’économie bleue, estimée à 2 600 milliards USD, génère 134 millions d’emplois, mais avec un fort coût environnemental.

Entre 1995 et 2020, l’économie océanique a contribué à hauteur de 3 à 4 % de la valeur ajoutée brute mondiale, doublant sa valeur de 1 300 à 2 600 milliards USD. Sa part dans l’emploi mondial a également progressé, passant de 3,5 % à 4,7 %, avec 134 millions d’équivalents temps plein (ETP) en 2019 avant la pandémie de COVID-19. En 2022, 43,9 millions de personnes travaillaient dans la pêche marine, l’aquaculture ou d’autres sous-secteurs. Cette expansion a été largement portée par deux secteurs à forts impacts environnementaux : l’exploitation pétrolière et gazière offshore (988 milliards USD en 2020) et le tourisme côtier et marin (789 milliards USD en 2019), ce dernier employant à lui seul 80 millions d’ETP. Les énergies marines renouvelables, notamment l’éolien offshore, ont toutefois enregistré la croissance la plus rapide, avec une valeur ajoutée brute passant de 38,2 millions USD en 2000 à 4,6 milliards USD en 2020. Réduire les coûts environnementaux des industries liées à l’Océan — par le développement d’énergies alternatives et l’amélioration de la durabilité — représente une opportunité majeure pour une croissance économique durable. 

La pêche artisanale représente 88 % des emplois marins et génère 51,8 milliards USD par an.

La pêche artisanale marine représente une part significative des débarquements marins annuels, avec une estimation de 25,1 millions de tonnes (soit 31,2 % des débarquements mondiaux), correspondant à une valeur économique moyenne annuelle (2013–2017) de 51,8 milliards USD — un chiffre supérieur aux revenus du tourisme de croisière, des activités portuaires ou de l’éolien en mer. Bien que les données soient encore lacunaires et variables selon les régions, les estimations disponibles indiquent que la pêche artisanale fournit environ 40 % des captures mondiales. Elle emploie environ 12,9 millions de personnes dans le segment de la récolte, soit 88,1 % de l’emploi total dans les chaînes de valeur de la pêche marine. Elle contribue directement au développement durable en assurant des moyens de subsistance, une valeur culturelle et des apports alimentaires essentiels — notamment pour les groupes sociaux vulnérables. Renforcer la durabilité et la résilience de la pêche artisanale — notamment en répondant aux pressions exercées par d’autres secteurs océaniques — est crucial pour préserver son rôle vital dans l’éradication de la pauvreté, de la faim et de la malnutrition.