Efforts de protection en 2025

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La protection de l’Océan progresse à l’échelle mondiale, avec des aires marines protégées couvrant désormais 8,34 % de la surface de l’océan, mais des actions urgentes sont nécessaires pour atteindre les objectifs communs. Des jalons comme le Traité sur la Haute Mer, les avancées des négociations sur la pollution plastique, et la montée en puissance des questions d’équité et d’éducation à l’Océan, dynamisent la gouvernance océanique en faveur de la durabilité.

Les aires marines protégées couvrent 8,34 % de l’Océan, encore loin de l’objectif des 30 %.

Au cours de la dernière décennie, la couverture des aires marines protégées (AMP) est passée de 3,72 % de la surface de l’Océan en 2015 à 8,34 % en 2024 (soit 30,238 millions de km²), restant toutefois très en deçà de l’objectif 30 × 30 (protéger 30 % des eaux côtières et marines d’ici à 2030). Si 19 % des eaux sous juridiction nationale (représentant 39 % de l’Océan) sont protégés, seules 1,45 % des zones situées au-delà des juridictions nationales (soit 61 % de l’Océan mondial) le sont. Entre 2023 et 2024, la surface des AMP n’a augmenté que de 0,007 %. À l’échelle mondiale, une AMP sur quatre n’existe que sur le papier, et un tiers supplémentaire n’est pas compatible avec les objectifs de conservation. Seul un tiers des AMP mondiales offre une protection forte ou intégrale. Pour que le réseau mondial des AMP tienne ses promesses vis-à-vis du climat, de la biodiversité et de la sécurité alimentaire, il faut non seulement atteindre l’objectif de couverture de 30 %, mais aussi renforcer les niveaux de protection effectifs à l’intérieur de ces zones. 

La gouvernance océanique multilatérale progresse, avec 31 ratifications du Traité sur la Haute Mer.

En 2024, le Traité des Nations unies sur la Haute Mer est entré dans une phase décisive, avec les premières ratifications nationales et la planification de sa mise en œuvre. Au 7 juin 2025, 31 pays avaient ratifié l’accord*. Ce traité vise à promouvoir la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine au-delà des juridictions nationales (BBNJ) — couvrant près des deux tiers de l’Océan — notamment via le renforcement de capacités, le transfert de technologies marines et un partage équitable des bénéfices issus des ressources génétiques marines. En 2024, de nouvelles directives mondiales ont été adoptées pour renforcer la gestion durable des pêches, en améliorant la transparence, en luttant contre la pêche INN, en fixant des quotas de pêche et en développant la surveillance par satellite assistée par intelligence artificielle. D’importantes avancées ont aussi eu lieu en matière de carbone bleu et d’énergies marines renouvelables. En mars 2022, les Nations unies ont adopté une résolution visant à mettre fin à la pollution plastique par un accord juridiquement contraignant. En juillet 2023, l’Organisation maritime internationale a adopté une nouvelle stratégie climatique visant une réduction de 40 % de l’intensité carbone du transport maritime international d’ici 2030, parallèlement à un objectif visant à ce qu’au moins 5 % de l’énergie utilisée dans le secteur provienne de carburants et de technologies à émissions nulles ou quasi nulles. En 2024, le Tribunal international du droit de la mer a rendu un avis historique précisant les obligations des États en matière de protection de l’Océan contre les effets du changement climatique, dans le cadre de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM). *Mise à jour du rapport scientifique au 7 juin 2025.

L’équité devient un moteur pour protéger l’océan, agir contre le changement climatique et soutenir le développement durable.

L’équité est de plus en plus reconnue comme un levier essentiel à la durabilité environnementale, au développement économique et à la stabilité mondiale. La Convention sur la diversité biologique (CDB) l’intègre explicitement dans la Cible d’Aichi n°11 et dans le Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal. L’équité est également un principe fondamental de l’Agenda 2030 pour le développement durable. Depuis 2021, la Décennie des Nations unies pour les sciences océaniques au service du développement durable promeut un accès équitable aux connaissances sur l’Océan et au renforcement de capacités. L’équité est désormais au cœur des efforts de planification pour un développement durable. Des actions collectives menées par les communautés côtières ont ainsi permis de s’opposer avec succès à une exposition injuste aux nuisances environnementales et de préserver leurs moyens de subsistance. 

L’éducation à l’océan progresse dans le monde, avec une forte hausse des activités éducatives.

L’ « ocean literacy » (éducation à l’Océan) s’impose comme un pilier des politiques et de la gestion intégrée des zones marines et côtières. Depuis 2021, 418 activités et 27 projets d’éducation à l’Océan ont été labellisés dans le cadre de la Décennie des sciences océaniques. En 2024, la publication de la Déclaration de Venise a offert un cadre mondial pour structurer et promouvoir la culture océanique.